Journée de solidarité 2024 : quelle date et combien d’heures travaillées ?

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Julie Lambert


La journée de solidarité reste, vingt ans après sa création, un dispositif souvent mal compris dans les entreprises. Entre ceux qui pensent qu’elle tombe forcément le lundi de Pentecôte, ceux qui imaginent qu’elle doit toujours se traduire par une journée entière de travail et ceux qui ne savent plus si elle est payée ou non, les malentendus sont fréquents.

Pourtant, le mécanisme est assez lisible quand on le relie à son objectif : financer, via une contribution spécifique, des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. Pour les salariés, la question immédiate est très concrète : « Quel jour faudra-t-il travailler en plus en 2024, et pour combien d’heures travaillées exactement ? »

Dans les entreprises, la réponse n’est pas toujours la même, car la loi laisse une marge de manœuvre à l’employeur et aux partenaires sociaux pour fixer la date et les modalités. Une chose ne varie pas : au maximum, 7 heures pour un temps plein, et une durée calculée au prorata pour le temps partiel. Autre élément clé, cette journée supplémentaire ne se confond ni avec un congé payé, ni avec une réduction du temps de travail (RTT), même si elle peut être compensée, côté salarié, par la suppression d’un jour de RTT.

En arrière-plan, l’employeur s’acquitte d’une contribution de 0,3 % (contribution solidarité autonomie) reversée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Ce mécanisme collectif cohabite donc avec une obligation individuelle d’effectuer des heures non rémunérées dans la limite fixée par le Code du travail.

  • Journée de solidarité 2024 : une journée supplémentaire de travail destinée au financement de l’autonomie des personnes âgées et handicapées.
  • Date : plus forcément le lundi de Pentecôte, le jour est choisi par accord collectif ou, à défaut, par décision de l’employeur.
  • Heures travaillées : 7 heures au maximum pour un salarié à temps plein, prorata pour le temps partiel.
  • Rémunération : les premières heures effectuées au titre de cette journée ne donnent pas lieu à salaire supplémentaire en 2024.
  • RTT et congé : la journée peut se traduire par la suppression d’un jour de RTT, mais ne se confond pas avec un congé payé.
  • Fonction publique : principe identique, avec une journée de 7 heures non rémunérée pour les agents.

Journée de solidarité 2024 : rappel du principe, origine et cadre légal

Commençons par le plus important : la journée de solidarité ne se résume pas à un jour férié travaillé en plus. C’est un dispositif créé après la canicule de 2003 pour financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées.

Concrètement, il repose sur deux piliers : une journée supplémentaire de travail pour les salariés, non rémunérée dans la limite fixée par la loi, et une contribution patronale, la contribution solidarité autonomie (CSA) de 0,3 % des salaires, versée par l’employeur à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Les articles L3133-7 à L3133-12 du Code du travail encadrent ce mécanisme. Ils précisent que cette journée peut prendre plusieurs formes, qu’elle ne s’impute pas sur les heures supplémentaires ni sur les heures complémentaires, et qu’elle ne doit pas faire perdre de jours de congé payé au salarié. Dans les faits, beaucoup d’entreprises continuent d’associer la journée de solidarité au lundi de Pentecôte, mais ce n’est plus une obligation depuis la loi Leonetti de 2008.

Au départ, la règle était simple et très rigide : lundi de Pentecôte travaillé pour tout le monde, sauf dérogations limitées. L’expérience a montré que ce schéma ne convenait pas à tous les secteurs, notamment ceux qui ne pouvaient pas arrêter ou relancer facilement l’activité. La réforme intervenue en 2008 a donc desserré l’étau et permis aux entreprises de choisir d’autres modalités, plus adaptées à leur organisation, tout en conservant le même volume d’heures travaillées sur l’année.

Un point mérite d’être souligné : la journée de solidarité n’ajoute pas mécaniquement une journée aux 35 heures hebdomadaires. Elle constitue une exception à la logique de la réduction du temps de travail instaurée au début des années 2000. Le salarié accomplit une journée supplémentaire non rémunérée, mais cette journée n’est pas censée faire basculer son temps de travail dans un régime d’heures supplémentaires. Elle est traitée à part, précisément parce qu’elle finance un dispositif de solidarité nationale.

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Pour illustrer, prenons l’exemple d’Emma, salariée dans une PME de services avec un contrat de 35 heures. Dans son entreprise, la journée de solidarité se traduit par une journée complète travaillée un vendredi initialement chômé, sans majoration de salaire. Sur l’année, Emma travaille donc 7 heures de plus que son horaire habituel, mais ces heures ne sont pas comptabilisées comme heures supplémentaires et ne déclenchent aucune prime spécifique. C’est exactement ce que prévoit le Code du travail.

Ce premier cadrage permet de comprendre que la question de la date et du format de la journée de solidarité n’est pas anecdotique : elle conditionne l’organisation collective, mais aussi le ressenti individuel des salariés. Quand le dispositif est expliqué clairement, avec un lien explicite à l’objectif d’autonomie des personnes âgées et handicapées, l’acceptation est nettement meilleure.

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Quelle date pour la journée de solidarité 2024 et qui décide du jour travaillé ?

La question revient chaque année dans les services RH : « Quand tombe la journée de solidarité 2024 ? » Contrairement à une idée encore ancrée, la réponse n’est pas la même pour toutes les entreprises. Depuis 2008, la loi n’impose plus le lundi de Pentecôte. Elle fixe un cadre et laisse ensuite les partenaires sociaux ou, à défaut, l’employeur choisir le jour concret.

Concrètement, plusieurs options sont possibles. La journée peut prendre la forme d’un jour férié auparavant chômé qui devient travaillé, à l’exception du 1er mai qui reste intouchable. Elle peut aussi correspondre à un jour de réduction du temps de travail (RTT) supprimé, ou encore être répartie sur plusieurs jours sous forme de fractionnement en heures. Certaines entreprises choisissent, par exemple, de faire travailler 1 heure de plus pendant 7 jours de suite ou 30 minutes sur une période plus longue pour atteindre les 7 heures.

En pratique, la détermination de la date suit un ordre précis :

  • d’abord, l’éventuel accord de branche, qui peut donner un cadre général pour tout un secteur ;
  • ensuite, l’accord d’entreprise ou d’établissement, qui adapte ce cadre aux réalités locales ;
  • enfin, à défaut d’accord, une décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE lorsqu’il existe.

Cette hiérarchie n’est pas théorique. Dans une entreprise industrielle ouverte 7 jours sur 7, il est rare que le lundi de Pentecôte soit retenu, car l’activité doit rester continue. On voit plutôt des organisations choisir un samedi habituellement chômé pour les équipes administratives, et un fractionnement pour les équipes en production. Dans une petite association sans représentation du personnel, la direction fixe souvent la journée de solidarité en début d’année, en prévoyant un lundi ou un vendredi en fonction des pics d’activité.

Tiens, un point souvent oublié concerne les salariés arrivés en cours d’année. Faut-il leur imposer l’intégralité des 7 heures, même s’ils ont été embauchés, par exemple, au mois de novembre 2024 ? Le Code du travail ne donne pas de règle détaillée sur ce cas, mais la pratique la plus cohérente consiste à raisonner au prorata de la présence sur l’année, en évitant d’imposer à un salarié fraîchement arrivé une journée complète sans aucune explication. D’ailleurs, beaucoup de RH choisissent tout simplement d’intégrer ces heures dans l’organisation collective, quitte à décaler l’accomplissement concret de la journée sur l’année suivante.

Dernier sujet sensible, les jeunes travailleurs et les apprentis. Si un accord collectif fixe un jour non férié comme journée de solidarité, les partenaires sociaux doivent aussi se prononcer sur la manière dont ces salariés, parfois mineurs, effectuent leur journée. On voit souvent des ajustements d’emploi du temps, plutôt qu’une journée de travail longue, pour respecter les durées maximales de travail et de repos applicables à ces publics.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose ici : la journée de solidarité a une base légale commune, mais sa date exacte reste une décision interne, qui doit être formalisée et communiquée clairement. Une décision implicite ou floue ouvre la porte aux contestations et aux incompréhensions.

Combien d’heures travaillées en 2024 : calcul pour temps plein, temps partiel et cas particuliers

La question des heures travaillées est le cœur pratique du sujet. Combien de temps un salarié doit-il consacrer à la journée de solidarité en 2024 ? Le Code du travail fixe un plafond clair : 7 heures pour un salarié à temps complet. Ces heures peuvent être concentrées sur une seule journée ou réparties en plusieurs séquences, mais le volume global ne doit pas dépasser ce plafond annuel pour la journée de solidarité.

Pour un salarié à temps plein, ce plafond de 7 heures correspond en général à une journée de travail classique de 7 heures, lorsqu’on est à 35 heures hebdomadaires (par exemple, 5 jours de 7 heures). Pour les salariés au forfait jours, ces 7 heures sont traduites en une journée de forfait. L’employeur peut donc prévoir une journée supplémentaire au planning annuel des forfaits, sans déclencher d’heures supplémentaires ni de majoration.

Pour les salariés à temps partiel, la logique change. Le volume à effectuer se calcule au prorata de la durée du travail contractuelle. Concrètement, un salarié à mi-temps, soit 17 h 30 hebdomadaires, doit accomplir 3 h 30 au titre de la journée de solidarité. Un salarié à 28 heures hebdomadaires se voit appliquer une règle de trois pour déterminer la durée correspondante, soit 7 h x (28/35), ce qui conduit à 5 h 36 environ. Dans la pratique, les entreprises arrondissent souvent à la demi-heure ou à l’heure la plus proche, en informant clairement le salarié.

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Le tableau ci-dessous permet de visualiser quelques cas fréquents en 2024 :

Type de contrat Horaire hebdomadaire Durée de la journée de solidarité en 2024
Temps plein 35 h 7 h
Temps partiel à 80 % 28 h Environ 5 h 36 (souvent arrondies)
Mi-temps 17 h 30 3 h 30
Temps partiel à 24 h 24 h Environ 4 h 48
Forfait jours Nombre de jours/an 1 jour supplémentaire de forfait

Attention à une confusion fréquente : ces heures spécifiques ne s’imputent ni sur le contingent annuel d’heures supplémentaires ni sur les heures complémentaires prévues pour les temps partiels. Elles forment un bloc à part. Une fois ces 7 heures (ou leur équivalent proratisé) accomplies, toute heure en plus doit être traitée comme une heure classique, avec le régime habituel des heures supplémentaires ou complémentaires.

Un exemple chiffré pour fixer les idées. Karim travaille 39 heures par semaine dans le cadre d’un accord d’aménagement du temps de travail qui lui ouvre droit à des jours de RTT. Son employeur décide de poser la journée de solidarité en supprimant un jour de RTT. Résultat, Karim ne voit pas apparaître 7 heures supplémentaires sur son bulletin, mais il dispose d’un jour de RTT en moins sur l’année. Si, en plus, l’entreprise lui demande de travailler un samedi en dehors de ce cadre, les heures de ce samedi devront, elles, être rémunérées normalement.

Ce point est central pour le dialogue social. Lorsque les RH expliquent concrètement combien d’heures sont dues, comment elles sont comptabilisées, et ce qui se passe une fois le quota atteint, les tensions diminuent. Les salariés savent à quoi s’attendre, peuvent vérifier leurs bulletins de paie, et comprennent mieux comment la journée de solidarité s’articule avec leurs jours de RTT, leurs heures supplémentaires et leurs plannings individuels.

En résumé, le volume d’heures travaillées en 2024 au titre de la journée de solidarité est limité et prévisible. La vraie difficulté ne vient pas du calcul, mais de la façon dont ces heures sont insérées dans l’organisation du travail et expliquées aux intéressés.

Journée de solidarité payée ou non en 2024 : rémunération, RTT et gestion en paie

Sur la fiche de paie, la journée de solidarité soulève toujours les mêmes questions : « Est-ce que ces heures sont payées ? », « Peut-on refuser de venir travailler ce jour-là ? » ou « Pourquoi mon jour de RTT a disparu ? ». Concrètement, pour les salariés déjà présents dans l’entreprise et n’ayant pas encore accompli leur journée de solidarité, les premières 7 heures (ou le prorata pour le temps partiel) effectuées en 2024 ne donnent pas lieu à une rémunération supplémentaire.

Dans bien des cas, l’employeur choisit de matérialiser la journée de solidarité par la suppression d’un jour de réduction du temps de travail. Le salarié travaille alors un jour de plus, mais n’y voit pas toujours un « jour gratuit » : il perd un jour de RTT, ce qui peut se ressentir fortement sur son équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Cette solution reste cependant simple à gérer en paie et largement utilisée dans les structures qui ont un stock de RTT annuel.

D’autres entreprises préfèrent afficher explicitement la journée comme un jour travaillé supplémentaire, tout en maintenant la même rémunération mensuelle. Le salarié ne perd pas de jour de RTT, mais effectue une journée de travail sans compensation financière immédiate. D’un point de vue juridique, les deux options sont possibles, tant que le plafond de 7 heures (ou l’équivalent) est respecté et que les salariés ne subissent pas une baisse de salaire.

La loi n’interdit pas à l’employeur d’« offrir » la journée de solidarité, c’est-à-dire de rémunérer malgré tout ces heures. Dans ce cas, le salarié perçoit sa rémunération habituelle et éventuellement une majoration si l’entreprise le prévoit, tandis que l’employeur continue de verser la contribution de 0,3 % à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Ce geste peut être perçu comme un signe d’attention sociale, mais il a un coût. Les directions de PME hésitent souvent, surtout dans les secteurs à faible marge.

Pour les salariés qui ont déjà accompli leur journée de solidarité chez un précédent employeur en 2024, la situation est plus délicate. Le Code du travail ne prévoit pas de « transfert » automatique de la journée de solidarité lorsque l’on change de poste en cours d’année. En pratique, le nouvel employeur peut demander au salarié d’effectuer de nouveau ces heures, sauf accord plus favorable. Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient des modalités spécifiques pour éviter un double accomplissement, mais ce n’est pas systématique. Ici, mieux vaut se faire accompagner ou, au minimum, vérifier sa convention collective avant toute revendication.

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Côté paie, les heures accomplies au titre de la journée de solidarité doivent apparaître de manière traçable, au moins dans les rubriques de gestion interne. Elles ne déclenchent pas de majoration tant que le plafond n’est pas dépassé. Une fois ce plafond atteint, tout dépassement est soumis au régime classique des heures supplémentaires (pour les temps pleins) ou complémentaires (pour les temps partiels). Si un salarié se voit réclamer deux journées de solidarité entières sans aucune base conventionnelle, le risque de contentieux prud’homal est réel.

Ce bloc sur la rémunération montre une ligne de partage assez nette : pour les salariés, la journée de solidarité est souvent perçue comme un sacrifice de temps de repos ou de salaire potentiel ; pour l’employeur, elle s’intègre à un mécanisme global de solidarité financé via la contribution CSA. Entre les deux, la qualité de l’information et du dialogue social fait souvent la différence dans l’acceptation du dispositif.

Fonction publique, salariés à domicile, cas complexes : comment la journée de solidarité 2024 s’applique concrètement

La journée de solidarité ne concerne pas uniquement les salariés du secteur privé soumis à la durée légale de travail. Elle s’applique aussi aux agents de la fonction publique, aux contractuels et à diverses catégories dites « particulières », comme les VRP, les employés de maison ou les assistants maternels. Là encore, la logique de base reste la même : une journée de 7 heures non rémunérée, destinée à financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées.

Dans la fonction publique, la règle est claire : la journée de solidarité prend la forme d’une journée supplémentaire de 7 heures, généralement intégrée dans l’organisation du temps de travail annuel. Les administrations peuvent choisir de travailler un jour férié habituellement chômé (hors 1er mai), de réduire le nombre de jours de congé ou de fractionner la journée en plusieurs séquences plus courtes. Les pratiques varient d’un ministère à l’autre, voire d’un établissement à l’autre.

Pour les salariés à domicile et les assistants maternels, le sujet est plus délicat, car l’employeur n’est pas une entreprise mais un particulier. Les textes rappellent que tous les salariés sont concernés, y compris ceux qui ne bénéficient pas de la mensualisation classique. En théorie, un salarié travaillant 35 heures ou plus par semaine doit effectuer 7 heures au titre de la journée de solidarité. Au-delà de ces 7 heures, toute heure additionnelle doit être rémunérée au tarif habituel, voire majoré selon le contrat ou la convention.

Pour un salarié travaillant moins de 35 heures par semaine au domicile d’un particulier, la règle du prorata s’applique, comme dans le secteur classique. Un contrat à 24 heures hebdomadaires conduit par exemple à environ 4 h 48 à réaliser. En pratique, beaucoup de particuliers-employeurs choisissent d’intégrer ces heures dans un planning légèrement modifié, en accord avec le salarié, plutôt que d’imposer une journée complète qui bousculerait la vie de famille.

Les VRP, les travailleurs itinérants ou les salariés très autonomes posent une autre question : comment tracer concrètement ces 7 heures supplémentaires en 2024 ? Là, le bon sens commande d’intégrer la journée de solidarité dans le plan de charge annuel, par exemple en augmentant légèrement le nombre de jours de prospection ou de rendez-vous. Le salarié ne voit pas forcément « un jour de plus » identifié, mais l’obligation est remplie sur le papier. Ce type d’organisation peut générer des discussions, surtout lorsque les objectifs commerciaux sont déjà élevés.

Soit dit en passant, le dispositif touche aussi les apprentis. Dans leur cas, la journée de solidarité doit respecter les durées maximales de travail propres aux jeunes, ainsi que les règles spécifiques liées à l’alternance. Les centres de formation et les entreprises d’accueil ont intérêt à coordonner leurs calendriers, pour éviter qu’un apprenti se retrouve avec une journée trop longue ou mal équilibrée entre formation et travail en entreprise.

Au final, ce panorama des cas complexes montre une constante : la journée de solidarité 2024 oblige à revisiter l’organisation du temps de travail, parfois à la marge, parfois plus nettement. Quand les règles sont posées dès le début de l’année, écrites noir sur blanc et expliquées, les ajustements deviennent gérables. C’est le flou, plus que la règle elle-même, qui crée les tensions.

La journée de solidarité 2024 doit-elle forcément être le lundi de Pentecôte ?

Non. Depuis la loi de 2008, la journée de solidarité n’est plus automatiquement fixée au lundi de Pentecôte. La date est déterminée par accord de branche, accord d’entreprise ou, à défaut, par décision de l’employeur après consultation du CSE lorsqu’il existe.

Combien d’heures travaillées sont dues pour la journée de solidarité en 2024 ?

Pour un salarié à temps plein, le plafond est de 7 heures sur l’année. Pour un salarié à temps partiel, la durée se calcule au prorata de la durée contractuelle. Pour un salarié à mi-temps, cela représente par exemple 3 h 30 à effectuer.

La journée de solidarité est-elle payée en plus du salaire habituel ?

Les premières heures accomplies au titre de la journée de solidarité, dans la limite de 7 heures (ou du prorata), ne donnent pas lieu à une rémunération supplémentaire. L’employeur peut toutefois décider de les payer, mais il n’y est pas tenu par la loi.

La journée de solidarité peut-elle être compensée par un jour de RTT supprimé ?

Oui. Beaucoup d’entreprises choisissent de matérialiser la journée de solidarité par la suppression d’un jour de RTT. Le salarié travaille alors un jour de plus sans percevoir de rémunération supplémentaire, mais sans voir son salaire baisser.

Que se passe-t-il si l’employeur demande plus que 7 heures au titre de la journée de solidarité ?

Une fois le plafond de 7 heures (ou la durée calculée au prorata pour un temps partiel) atteint, les heures supplémentaires doivent être traitées comme des heures classiques, avec le régime habituel des heures supplémentaires ou complémentaires et, le cas échéant, les majorations correspondantes.

Julie Lambert

Julie Lambert

Julie Lambert est juriste en droit social. Après dix ans passées à conseiller salariés et élus de CSE, elle décrypte sur Elite IRP l'emploi et le droit du travail en langage clair, avec un souci constant d'exactitude.

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