Vous cherchez à mobiliser un Congé individuel de formation pour vous absenter, conserver un revenu et retrouver votre emploi ensuite ? Le dispositif portant ce nom n’est plus ouvert aux nouvelles demandes depuis 2019. Son équivalent pour une reconversion est le projet de transition professionnelle, ou PTP, intégré au compte personnel de formation. Les règles anciennes du CIF, notamment ses seuils de salaire et ses conditions d’ancienneté, ne doivent donc pas être appliquées automatiquement à une demande actuelle.
Le principe reste lisible : le salarié demande à son employeur une autorisation d’absence, puis sollicite séparément le financement de la formation auprès de l’association Transitions Pro de sa région. Si le dossier est accepté, une rémunération peut être maintenue pendant la formation et le contrat de travail est suspendu, non rompu. Au retour, l’employeur doit réintégrer le salarié dans son emploi ou un emploi équivalent, sans être tenu de lui confier un poste correspondant à la qualification nouvellement acquise.
En bref
- Le CIF est un ancien dispositif : en 2026, le PTP constitue le cadre à examiner pour une formation de reconversion.
- La demande d’absence à l’employeur et la demande de financement sont deux démarches distinctes.
- La rémunération dépend notamment du salaire de référence, de la durée de la formation et de la décision de prise en charge.
- Le contrat est suspendu pendant l’absence, mais le lien d’emploi demeure.
- La réintégration doit se faire dans l’emploi antérieur ou un emploi équivalent, selon les règles applicables.
Congé individuel de formation : un dispositif remplacé par le projet de transition professionnelle
Le nom « Congé individuel de formation » reste familier, et de nombreux documents anciens continuent de circuler. Il désignait un congé permettant à un salarié de suivre, à son initiative, une formation sans qu’elle soit nécessairement liée à son poste ou au plan de formation de l’entreprise. Il pouvait servir à préparer un diplôme, à changer de métier ou à progresser dans sa carrière.
Mais le CIF n’est plus le dispositif à demander aujourd’hui. Depuis 2019, le projet de transition professionnelle a pris le relais pour les salariés qui souhaitent suivre une formation certifiante afin de changer de métier ou de profession. Le PTP mobilise les droits inscrits sur le compte personnel de formation et peut ouvrir droit, sous conditions, à la prise en charge des frais pédagogiques et à une rémunération.
Cette distinction n’est pas un détail de vocabulaire. Les anciens critères du CIF, comme les conditions d’ancienneté ou les seuils de rémunération cités dans certains articles, appartiennent à un cadre qui a évolué. Pour une démarche engagée en 2026, il faut vérifier les règles actuelles du PTP auprès de Transitions Pro et sur les sources officielles, plutôt que reprendre un montant ancien trouvé sur une fiche pratique.
Le PTP vise un projet de reconversion professionnelle. Une formation choisie pour acquérir une compétence utile dans le poste actuel peut relever d’autres mécanismes, notamment du plan de développement des compétences ou du CPF mobilisé hors temps de travail. Le choix du dispositif dépend donc de l’objectif, du calendrier et du statut du salarié. Le CPF est présenté dans notre page sur les droits à la formation disponibles sur le compte CPF.
Un exemple permet de voir la différence. Nadia travaille dans la logistique et veut se former à un métier de technicienne de maintenance. Elle ne demande pas simplement à son employeur de financer un stage lié à ses tâches actuelles : elle prépare un projet de changement professionnel. Le PTP peut être le bon cadre, à condition que la formation et le dossier répondent aux critères d’examen de l’organisme financeur.
La première vérification consiste donc à formuler clairement le projet : quel métier est visé, quelle certification est nécessaire et pourquoi la formation choisie permet d’y accéder ? Un intitulé de formation seul ne suffit pas toujours à rendre le dossier convaincant.
Salaire pendant la formation : distinguer rémunération et financement
La question la plus concrète est souvent celle-ci : le salarié continue-t-il à toucher son salaire pendant la formation ? Dans le cadre d’un PTP accepté, une rémunération peut être versée pendant la période de formation, selon les règles applicables et la décision de prise en charge. Elle ne découle pas automatiquement de la seule autorisation d’absence accordée par l’employeur.
Il faut distinguer trois éléments : le salaire ou la rémunération de référence, les frais pédagogiques et les éventuels frais annexes, comme le transport ou l’hébergement. Le financement de la formation et le maintien de la rémunération sont examinés dans le cadre du dossier de transition professionnelle. La prise en charge peut être partielle ou soumise à des plafonds et priorités : déposer une demande ne garantit donc pas que tous les frais seront couverts.
Pour la rémunération, le calcul dépend notamment du salaire de référence et de la durée de la formation. Dans les règles du PTP, le niveau de rémunération est lié au salaire antérieur, avec des taux distincts selon que celui-ci se situe ou non sous certains seuils calculés à partir du SMIC. Les modalités peuvent également évoluer pour une formation longue. Il serait imprudent de reprendre ici un montant fixe provenant d’une ancienne règle du CIF : le montant applicable doit être confirmé par Transitions Pro au moment du dépôt du dossier.
Un exemple chiffré permet de comprendre la méthode sans confondre les régimes. Supposons que le salaire de référence retenu pour Nadia soit de 2 400 € brut par mois. Ce montant ne suffit pas, à lui seul, à déterminer ce qu’elle percevra : il faut aussi connaître la durée de la formation, la période prise en charge et la règle de rémunération qui s’applique à sa situation. La réponse fiable figure dans la notification de prise en charge, pas dans un tableau ancien relatif au CIF.
Le financement de la formation doit être demandé à l’association Transitions Pro compétente pour la région du salarié. Son dossier est étudié au regard des critères en vigueur, du caractère cohérent du parcours et des moyens disponibles. Cette appréciation ne remplace pas la démarche auprès de l’employeur : obtenir une autorisation d’absence ne signifie pas que le financement est accepté, et l’accord de financement ne remplace pas les formalités liées au contrat de travail.
Avant de s’engager sur des frais ou de remettre sa démission, il faut donc obtenir des réponses écrites sur la prise en charge, les dates et le montant prévu. Les règles de financement du CPF sont différentes ; elles sont détaillées dans l’article consacré à la durée de validité des droits CPF.
| Point à vérifier | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Absence du poste | Elle relève d’une demande adressée à l’employeur selon les délais applicables. |
| Rémunération | Elle dépend des règles du PTP et de la décision de prise en charge. |
| Coût pédagogique | Il doit faire l’objet d’une demande distincte auprès de Transitions Pro. |
| Frais annexes | Transport et hébergement ne sont pas automatiquement remboursés. |

Contrat de travail et suspension : le salarié reste lié à son employeur
Pendant une formation suivie dans le cadre d’un congé de transition professionnelle autorisé, le contrat de travail n’est pas rompu. Il est suspendu pendant la période où le salarié est absent pour suivre la formation. Cette suspension signifie que le salarié n’exécute pas son travail habituel, mais qu’il demeure salarié de l’entreprise.
La distinction a des conséquences pratiques. Le salarié ne doit pas présenter son départ en formation comme une démission, et l’employeur ne peut pas considérer que le lien d’emploi a disparu simplement parce que l’intéressé se trouve en formation. En revanche, les obligations de travail ordinaires sont aménagées durant l’absence : le salarié suit la formation prévue et doit respecter les conditions de présence et de suivi fixées dans le cadre de son dossier.
La procédure commence par une demande écrite d’autorisation d’absence. Elle doit permettre à l’employeur d’identifier la formation, son calendrier, sa durée et l’organisme qui la dispense. Les délais de demande varient selon la durée et l’organisation de la formation ; le salarié doit consulter les règles du PTP applicables à sa situation et garder une preuve datée de l’envoi.
L’employeur dispose d’un délai pour répondre. Selon les circonstances prévues par les textes, le départ peut être différé, notamment pour des raisons liées au fonctionnement de l’entreprise ou à l’absence simultanée de plusieurs salariés. Un report n’équivaut pas à un refus définitif. Si une réponse paraît injustifiée ou si les délais ne sont pas respectés, il est préférable de demander une explication écrite et de vérifier la procédure avant d’engager un conflit.
La demande d’absence et le dossier de financement doivent avancer en parallèle. Attendre l’accord de l’employeur avant de regarder les critères de financement peut faire perdre du temps ; inversement, inscrire une formation avant d’avoir sécurisé les dates d’absence expose à des difficultés d’organisation. Le salarié peut aussi consulter les représentants du personnel lorsque l’entreprise dispose d’un CSE, ou solliciter un conseil spécialisé.
Le contrat suspendu peut continuer à produire certains effets en matière de protection sociale. Les modalités exactes dépendent du dispositif, de la prise en charge et de la situation du salarié. Il est donc utile de vérifier le traitement des cotisations, des avantages collectifs et des éventuelles primes auprès du service RH et de l’organisme financeur, plutôt que de supposer que tous les éléments de paie sont maintenus à l’identique.
Pour une formation hors temps de travail, le régime est différent : il ne s’agit pas nécessairement d’une suspension du contrat ni d’une absence autorisée. Le salarié qui s’interroge sur une formation proposée en dehors de ses horaires peut consulter les règles relatives au refus d’une formation hors temps de travail. Ce sont le calendrier et le dispositif choisi qui déterminent les obligations de chacun.
Retour au poste : quelle réintégration après la formation ?
À la fin de la formation, le salarié retrouve son entreprise. Le principe est celui d’une réintégration dans l’emploi antérieur ou dans un emploi équivalent, conformément aux règles applicables. L’employeur ne peut pas traiter le salarié comme s’il avait quitté définitivement l’entreprise parce qu’il a suivi une formation pendant une période de suspension du contrat.
Une confusion fréquente mérite d’être écartée : la formation ne donne pas automatiquement droit à une promotion ni à un poste correspondant au nouveau diplôme. Si Nadia obtient une certification de technicienne de maintenance, son employeur n’est pas nécessairement tenu de lui attribuer un poste de technicienne au retour. La formation a pu être financée pour préparer une reconversion, mais elle ne modifie pas à elle seule les fonctions contractuelles exercées dans l’entreprise.
Le retour au poste doit toutefois être préparé concrètement. Quelques semaines avant la fin de la formation, le salarié peut confirmer sa date de reprise au service RH, demander les horaires et le lieu de travail prévus, et vérifier les éléments de rémunération. Si le poste a évolué pendant son absence, il est utile de demander par écrit les caractéristiques de l’emploi proposé et de les comparer au contrat et à la situation antérieure.
Une modification du contrat de travail ne se confond pas avec un simple changement des conditions de travail. Si l’employeur propose une modification d’un élément essentiel du contrat, comme la rémunération ou la qualification contractuelle, le salarié ne doit pas considérer qu’il est tenu de l’accepter sans examen. Un avenant formalise une modification convenue ; les règles applicables sont expliquées dans notre article sur l’avenant au contrat de travail.
En cas de désaccord sur le poste retrouvé, la première étape consiste à rassembler les documents : contrat initial, éventuels avenants, autorisation d’absence, échanges avec l’employeur et notification de prise en charge. Une discussion écrite et factuelle permet souvent de distinguer une difficulté d’organisation d’une véritable modification du contrat ou d’un refus de réintégration.
La formation peut aussi conduire le salarié à envisager un départ pour exercer le nouveau métier ailleurs. Ce choix ne doit pas être confondu avec la fin du congé : tant que le contrat subsiste, toute démission ou rupture suit ses propres règles et peut avoir des conséquences sur le financement ou les droits sociaux. Avant de prendre une décision, le salarié doit examiner les conditions de rupture et, si nécessaire, demander un conseil personnalisé.
Le droit au retour protège la continuité de l’emploi ; il ne transforme pas automatiquement le poste retrouvé. C’est cette différence qu’il faut clarifier avant le départ, et non au dernier jour de la formation.
Préparer sa demande : les vérifications à faire avant de partir
Un projet de formation se sécurise avant le début des cours. Le salarié doit d’abord vérifier que le dispositif choisi correspond à son objectif. Le PTP concerne la transition vers un autre métier ou une autre profession ; une formation destinée à évoluer dans le même poste peut relever d’un autre cadre. Cette qualification du projet conditionne la démarche, le financement et parfois les pièces à fournir.
Il faut ensuite vérifier que la formation prépare à une certification ou à un parcours reconnu dans le cadre concerné, que l’organisme est adapté et que le calendrier est compatible avec l’autorisation d’absence. Une formation intéressante sur le papier peut être difficile à financer si le lien entre le projet professionnel et le programme n’est pas expliqué. Le dossier doit montrer une trajectoire crédible, pas seulement une envie de suivre un cours.
Voici les points à réunir avant l’envoi des demandes :
- Le programme détaillé, les dates, la durée et les modalités de formation.
- Les éléments qui expliquent le métier visé et les débouchés envisagés.
- Les justificatifs demandés par Transitions Pro pour l’étude du financement.
- Une demande écrite d’autorisation d’absence adressée à l’employeur dans le délai requis.
- Une estimation des frais non couverts, notamment le transport ou l’hébergement.
Gardez une copie de chaque document et notez les dates d’envoi, de réception et de réponse. Ce suivi paraît administratif, mais il évite qu’un dossier se bloque pour une pièce manquante ou qu’un désaccord sur le calendrier repose uniquement sur des souvenirs de conversation.
Si l’employeur reporte le départ, demandez le motif et la date envisagée par écrit. Si le financement est refusé, l’organisme doit préciser les voies de recours ou les possibilités de redépôt selon ses règles. Le refus de financement ne signifie pas automatiquement que l’employeur peut refuser l’absence, et l’accord d’absence ne signifie pas que la formation sera financée : ce sont deux décisions distinctes.
Les personnes qui hésitent entre une reconversion et une validation de l’expérience peuvent aussi examiner la VAE, qui permet de faire reconnaître des compétences acquises par l’expérience. Les étapes et délais de cette démarche sont présentés dans le guide sur la durée et les étapes d’une VAE. Ce n’est pas le même outil qu’une formation, mais la comparaison peut éviter de financer un parcours qui ne répond pas au besoin réel.
En cas de refus contesté, de désaccord sur le contrat ou de problème au retour, les pièces écrites deviennent déterminantes. Une information générale aide à repérer les questions à poser ; elle ne remplace pas l’examen personnalisé du dossier par un juriste, un avocat en droit du travail ou un service compétent.
Le Congé individuel de formation existe-t-il encore en 2026 ?
Le CIF n’est plus ouvert aux nouvelles demandes depuis 2019. Pour une reconversion, le projet de transition professionnelle (PTP) est le dispositif à examiner, sous réserve de remplir les conditions en vigueur.
Le salaire est-il maintenu pendant un PTP ?
Une rémunération peut être prise en charge si le dossier est accepté. Son montant dépend notamment du salaire de référence, de la durée de la formation et des règles applicables ; il faut vérifier la décision de Transitions Pro.
Le contrat de travail est-il rompu pendant la formation ?
Non. Lorsque la formation se déroule avec une autorisation d’absence dans le cadre du dispositif, le contrat est suspendu pendant la période concernée, mais le lien d’emploi demeure.
L’employeur doit-il proposer un poste correspondant au diplôme obtenu ?
Pas automatiquement. Le salarié bénéficie d’un retour dans son emploi antérieur ou un emploi équivalent selon les règles applicables, mais la formation ne crée pas à elle seule un droit à une promotion ou à un poste correspondant à la nouvelle qualification.
